Croisade sous cape ?



Comment eviter une guerre de religion et mieux vivre ensemble

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Croisade sous cape ?
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PREFACE

Posté a 03:32, 9-Jan-2008

 

Benmebkhout Mohamed Mokhtar

benmebkhout@hotmail.com

 

  CROISADE

 

   SOUS

 

 CAPE ?

Août  2003

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 PALESTINE

 

 


Pas un jour n’est passé où je n’ai pensé à toi

A la nuit des temps tu étais sûrement avec moi

Les barbares ont décidé de devenir tes rois

En faussant l’histoire et créant aussi l’effroi

Si le monde connaissait leur doctrine sans foi

Trahie par lui, lui qui parle du respect des lois

Impure, dorénavant ils voudront que tu sois

Nenni, certes tu ne l’accepteras pas, toi

Et libérée tu seras, si  assez tu y crois.

 

 

 

 

« Chaque fois que des paroles sont attribuées à une personne en qui les gens ont confiance, ils les acceptent, même si elles sont contraires à la vérité. Si ces paroles sont prêtées à quelqu’un dont ils pensent du mal, ils les refusent, même si elles correspondent à la vérité. Toujours ils connaissent la vérité par référence aux hommes, jamais par référence à la vérité. Voilà le point suprême de l’ignorance et du préjudice que l’on se fait à soi-même. »  

 

Emir Abdelkader (1808-1883)

 

 



PREFACE

 

 

Excédé par une agression quasi quotidienne dirigée contre l'Islam et les Musulmans, je me suis permis par la rédaction de cet opuscule de vouloir déceler les raisons de cette antipathie déclarée contre ma communauté, d'identifier les reproches, y apporter une réponse adéquate dont le but espéré est de faire comprendre aux Occidentaux le point de vue arabe rapporté par un Arabe, de clarifier à certains de mes coreligionnaires un pan de l'histoire nécessitant un dépoussiérage et à rappeler les atrocités commises par l’Occident aisément oublieux. Le rappel de certaines vérités enfouies ou volontairement passées sous silence concernant les crimes perpétrés pendant plus de vingt siècles sur la communauté juive « ashkénaze » d'Europe n'a pour but que de démontrer que l'autre communauté « Sépharade » du Maghreb et du Moyen-Orient a pu s'épanouir sereinement de la même façon que les Musulmans. Cette évocation ne doit pas être interprétée comme une action sectaire dans le but de diaboliser le Juif ou de jeter l'opprobre sur le Chrétien d'aujourd'hui mais doit servir plutôt à replacer les circonstances dans le décor temporel et à dévoiler les causes qui peuvent expliquer ce déchaînement médiatique contre l'Islam et les Musulmans.

 

Mon approche n´est certes pas celle d'un historien, car je n'en ai pas le titre ; cependant, les résultats relatifs aux recherches entreprises m'ont énormément surpris. Les informations récoltées ont été ordonnées de façon intelligible, éliminant toute phraséologie tortueuse et déroutante. Encore une fois, cet écrit ne doit surtout pas se répertorier comme une doctrine antisémite mais plutôt comme un désir de vérité dans le but de confondre des politiques malsaines, menant le monde à sa perte par une confrontation intercommunautaire non désirée et non souhaitable. 

 

La mission ne fut pas aisée car la route est semée d'attitudes partiales et d'idées fausses très enracinées en Occident, de manipulations partisanes et de clichés fraîchement introduits dans la mémoire de l'Occidental. Il s'agira donc de poser les jalons d´une prospection destinée à faire jaillir la vérité ou de la rendre moins complexe. Je souhaite que le lecteur ait pour souci de déceler toute assertion qui lui semblerait douteuse, de la vérifier et de la dénoncer si inexacte tout en développant une attention soutenue pour éviter de tomber dans les pièges des stéréotypes. Walter Lippman  en 1922 écrira : «On nous a parlé du monde avant de nous le laisser voir. Nous imaginons avant d’expérimenter. Et ces préconceptions commandent le processus de la perception. ».

 

Une enquête  réalisée aux Etats-Unis consistait à présenter l’image d’un Noir et d’un Blanc tenant à la main un rasoir à un certain nombre d’individus. Quand ils eurent à décrire l’image perçue, les Blancs finirent par dire que c’était le Noir qui portait un rasoir conformément au stéréotype courant qui fait du Noir américain un être violent et agressif.

 

Ainsi l'image des Musulmans a été ternie depuis le début du siècle précédent par des révisionnistes juifs et des politiciens occidentaux influents, corruptibles, qui ont présenté les croisades comme un moyen de libération des lieux saints judéo-chrétiens de l'emprise du monde musulman toujours en vigueur et que, par la création de l'Etat hébreu, le but serait atteint tout en omettant de dire au monde que les Arabes chrétiens ont été aussi spoliés de leurs droits sans oublier que l'Occident avait trouvé là, après la Deuxième Guerre mondiale, le meilleur moyen de se débarrasser des Juifs en leur offrant une terre d'asile appartenant à d'autres. Il  faut se rappeler que lors du XIe congrès sioniste de 1903, l'Angleterre avait proposé aux congressistes l'Ouganda comme foyer national au peuple juif.

 Avant l'idée même de création d'un état judaïque, les Musulmans, les Chrétiens et les Juifs vivaient en quasi parfaite entente sur cette terre pendant plus d'un millénaire où les droits des minorités furent respectés. La colonisation sciemment détruira cet équilibre et favorisera le sectarisme entre ces peuples sous le précepte colonial d’usage : « Diviser pour mieux régner ».


INTRODUCTION

Posté a 03:31, 9-Jan-2008

 

INTRODUCTION

 

 

L'historiographie de l'humanité a révélé que toutes les civilisations ont eu successivement leur lot de gloire et leur lot d'opprobre. Cette dernière phase, souvent de courte durée, peut être occasionnée par des personnes mal conseillées, mal renseignées,  ignorantes ou malintentionnées. La fin de cette période s'apparente généralement à une volonté populaire manifeste ou à un conflit anémiant le pouvoir en place.

 

Toute décision prise, qu’elle soit politique ou autre, bonne ou mauvaise, introduit incontestablement une variation dans le mouvement de métamorphose des idées qui définiront par la suite la conduite des hommes. Ce changement généralement doctrinal dicté par une caste dirigeante est repris par les foules manipulées dans la majorité des cas.  L'humanité se rappellera de beaucoup de tragédies causées par la jalousie, l'ignorance, la cupidité, le racisme, la malveillance et l'arrogance. Telle fut l'Inquisition et les fanatismes religieux, la traite des Noirs, les croisades, l'asservissement et l'extermination des peuples colonisés.

 

L'histoire des peuples arabes se confond  avec celle du monde musulman. Elle est souvent lue par beaucoup d'Occidentaux avec partialité et sous des angles d´analyse très singuliers faits par des soi-disant spécialistes du monde arabe. On vantera les Musulmans quand il s'agira d'œuvres architecturales ou scientifiques et on évoquera l'Andalousie, Avicenne et Averroès. On se souviendra du Taj Mahal quand on évoquera l'amour. On les accablera sans preuves quand il s'agira de tolérance et de civilité. On leur reprochera leur inflexibilité religieuse et leur non-dilution dans la société occidentale et on les considèrera  comme des fanatiques, quand cela concernera leur fermeté dans le respect des causes justes.

 

Le monde arabe, considéré à tort comme opulent, occupe un territoire quasi désertique ayant une très faible pluviométrie annuelle avec une agriculture rudimentaire loin de satisfaire ses besoins. Le constat est amer, le monde musulman déstructuré, victime d’une déculturation, est pauvre et sa dépendance vis-à-vis des anciennes puissances colonisatrices reste encore d'actualité. Dans la majorité de ces pays, les ressources pétrolières appartiennent à des consortiums internationaux et ne profitent pratiquement guère à leurs populations.

 

A la fin de la Première Guerre mondiale et après le démembrement de l'Empire ottoman, l'immixtion de l'Europe coloniale et des Etats-Unis a pesé négativement par l'occupation sur l'histoire politique du monde oriental en créant des micro-états démographiquement faibles, aux sous-sols très riches, et après la proclamation des indépendances, en promouvant des régimes fantoches dénués de toute légitimité populaire dont la mission essentielle servira à préserver les intérêts de ces puissances protectrices, notamment les gisements pétrolifères. Les chefs arabes éprouveront le besoin de développer leur armée et leur police, confortant  par la peur et la répression ainsi leur pouvoir et empêchant l'émergence d'idées émancipatrices. Certains d'entre eux sont conscients de la fragilité de leur pays car les différentes blessures infligées au monde musulman par l'Occident se sont révélées dévastatrices.

 

Après la création inique de l'Etat israélien en 1948, le nationalisme arabe dicta lui aussi la nécessité de renforcer le potentiel militaire des forces armées arabes, afin de faire disparaître cette injustice tout en repoussant en même temps aux calendes grecques toute aspiration démocratique. Cette course à l'armement fera le bonheur des blocs américano-soviétiques qui s'enrichiront au détriment du progrès scientifique et économique de la nation arabe.

 

Cette carence démocratique dans cette région du monde répondra aux attentes des gouvernements occidentaux. Elle est la garantie de la pérennité de leur domination. Les peuples pensent tout haut mais les gouvernants tout bas, car la diplomatie, telle qu'elle se pratique aujourd'hui, s'identifie à de la fourberie et ne peut s'accorder avec les grands principes et les valeurs positives de l'humanité que sont la bienséance, l'honnêteté, le pacifisme, la commisération et l'entraide entre nations. Ce matérialisme cupide dénué de toute aspiration noble se marie très mal avec la défense des droits de l'homme quel qu’il soit.

 

L'état de détresse dans ces contrées a engendré beaucoup de problèmes et de maux sociaux générateurs de mouvements de révolte et de révolutions violentes, sanglantes, voire naïves. Des hommes à la perspicacité néfaste ou eux-mêmes incultes  instruisent et dirigent des personnes ignorantes qui perpétuent des atrocités aujourd'hui identifiées comme le fruit d'un fanatisme religieux qui essaie de porter atteinte à l'Islam. Les instigateurs sont nombreux et peuvent ne pas appartenir uniquement au monde musulman. Les Américains ont eu recours à ce stratagème en encourageant un certain Ben Laden à chasser les Soviétiques d'Afghanistan. Madeleine Al Bright a affirmé que le pouvoir Taliban sur l'Afghanistan était une très bonne chose, bien que décrié par le monde entier. Les USA le feront tomber après la chute des tours du World Trade Center. Curieusement, les Américains font la guerre aujourd'hui à des entités créées par eux.

 

Ce revirement dans l'appréciation des régimes ne dépend donc que du volume du bien-être que peuvent se procurer les puissants. Ainsi, cette bénédiction intéressée du pouvoir en place est entièrement économique et le sort malheureux des peuples n'est brandi qu'une fois le divorce prononcé d’avec le pouvoir vassal ou que les objectifs espérés soient contrecarrés. L'opinion occidentale est souvent trompée par ses gouvernants et par une presse subalterne dont l'unique but est de cacher l'objectif véritable par des considérations présentées comme strictement humanitaires ou préventives concernant la sécurité nationale. Les hommes politiques et les médias prépareront longtemps à l'avance un terrain favorable à leur intervention militaire en diffusant des informations difficilement vérifiables au commun des mortels et dans la plupart des cas jamais corroborées à la fin des conflits. Les séquelles sont abominables quand la lumière se fait. Le désir de vengeance de gens blessés dans leur chair ne sera que plus fort et ne distinguera ni les personnalités officielles ni les simples citoyens de la nation agressive ou complice, car les uns ont falsifié les faits et les autres se sont laissés tromper.

 

Les termes « modernité » et « Islam » déclenchent un faux débat, car il ne peut y avoir d'entente tant que les injustices ne se résorbent pas. L'Occident fait son possible pour que des solutions ne soient pas apportées à l'injuste dossier palestinien qui envenime toute relation entre les différentes communautés des cultes monothéiques. L'Occident veut un Islam moderne qui ne doit pas intégrer la Palestine dans ses équations, et le monde musulman veut la modernité sans oublier l´inique théorème du Moyen-Orient. Un déni de justice qui dure depuis plus de cinquante ans dont l'exemple le plus frappant est celui de ce peuple spolié de sa terre et de ses droits que l'on présente comme une nation terroriste et où même les enfants de l'Intifada méritent la mort qui leur est donnée. Ce peuple, auquel on refuse de se référer à l'histoire, pourtant récente de la colonisation anglaise, et à ses méfaits, malgré toutes les résolutions des Nations unies, jamais respectées par Israël avec le silence complice des gouvernements occidentaux, ne peut se rassembler et avoir une vie décente sur son propre sol.

 

Ce fut aussi la tragédie du peuple algérien qui a souffert pendant plus de 132 ans d'une occupation inqualifiable et qui souffre encore depuis plus d'une décennie d'une guerre qui ne dit pas son nom dont la genèse est multidimensionnelle. Les égorgeurs et les éventreurs ne sont pas uniquement des Algériens. Plus de cent mille victimes ont été tuées dans des conditions effroyables et la liste continue à s'allonger. Révoltée contre ses gouvernants en 1988, une Algérie nouvelle est née  dans la douleur malgré l'opposition non déclarée des gouvernants arabes et les manigances de certains états occidentaux apeurés par l'idée de voir naître une démocratie dans un état musulman dont le contagieux exemple menacerait à terme leur domination et leur patrimoine pétrolier ainsi que celle de leurs protecteurs.

Les Algériens connaîtront l'horreur juste après l´avènement de la démocratie. Etrangement, cela coïncidera aussi avec le marathon engagé par leur président Chadli, privilégiant un règlement pacifique dans le conflit Irako-koweitien sans intervention des puissances occidentales, car le monde musulman ne se trompait pas sur les visées américaines qu'il assimile d'abord à une nouvelle forme de croisade pour asseoir durablement l'Etat d'Israël, puis à une nouvelle forme de colonisation qui s'apparenterait à placer à la tête de ces pays moyen-orientaux des gouvernements vassaux. Cet interventionnisme ne sera jamais assimilé à une opération humanitaire par les nations victimes.

 

Depuis le 11 septembre 2001, des propos malveillants et des jugements de valeur négatifs agressent les oreilles musulmanes. En Occident, on considère que l'Islam est une religion rétrograde, incapable de s'agglomérer avec la modernité. De nouveaux concepts sont inventés pour désigner cet « anti-modernisme »  comme « le mal », « l'assimilation », « l'axe du mal » et « choc des civilisations ». De même est dépoussiéré le terme  « croisade », utilisé par le Président américain dans sa lutte contre El Qaïda.

 

Accusant de barbarie et d'insensibilité les Arabes, ce doigt accusateur, sans pour cela se démasquer, est pourtant l'instrument d'une stratégie experte au service d'Israël et de ses amis.

 

 

 

Comment peut-on aujourd'hui causer les souffrances du peuple palestinien et accuser des institutions ou des firmes européennes actuelles d'être responsables des malheurs de la communauté juive pendant la Deuxième Guerre mondiale ?   

 

 

Il est aberrant aujourd’hui de voir des procès contre des pays et même des entreprises pour leur rôle durant la Deuxième Guerre mondiale dans le malheur du peuple juif et les voir condamnés à s’acquitter de sommes astronomiques pour des faits vieux de plus de cinquante ans alors que le peuple palestinien ne peut même pas arrêter la main du bourreau qui le flagelle et l'assassine, ou trouver une main secourable qui assurerait sa défense et l’aiderait à recouvrer ses droits. Un crime vieux de cinquante ans est puni alors qu’un crime qui se commet présentement n’est même pas condamnable. Le veto quasi permanent des USA au Conseil de sécurité est l'illustration parfaite de cette ignominie au profit d'Israël.

 

La perception de l'Occident vis-à-vis de cette injustice imposée au peuple palestinien, que l’on veut rendre apatride, a énormément changé parce qu'influencée par une puissante médiatisation partisane en faveur de l'Etat hébreu qui a su utiliser l'atrocité des attentats perpétrés par des personnes désespérées, révoltées tout en rappelant aux Occidentaux oublieux les souffrances de la diaspora juive et l'holocauste et en légitimant la répression de l'armée juive sur la population civile palestinienne. Depuis la seconde Intifada, plus de trois mille Palestiniens et six cents Israéliens ont trouvé la mort. La manipulation médiatique a ignoré sciemment les douleurs palestiniennes et superbement amplifié les deuils israéliens. Cette campagne médiatique servile ne peut pas être exécutée par des journalistes innocents mais par des partisans, des corrompus ou des faibles d'esprit menacés de licenciement. L'intelligentsia a peur du lobby juif. Le journaliste israélien Shamir Israël le confirme : « La plupart des intellectuels accepteraient plus facilement de se voir accusés de pédophilie que d'antisémitisme. »

 

Le rôle des journalistes ne peut se prêter à la corruption de la vérité car la finalité n'est pas seulement de dénigrer l'ennemi mais de tromper aussi l'ami, c'est-à-dire l'opinion de sa propre nation, et nul ne peut dire où s'arrêtera le mensonge.

 

L'exemple le plus concret de cette déviation a été l’attitude de la presse internationale pendant la première guerre du Golfe, trompée ou complice dans la promotion du mythe « Guerre propre », en réalité meurtrière pour les populations civiles car il y eut plus de cent mille morts. L'assertion que l'Irak était la quatrième armée du monde s'était révélée un canular. La presse a été ou s'est laissée manipuler de bout en bout par les officines de propagande des armées occidentales. Cette même presse, pendant la guerre d’occupation de l’Irak, cette fois pour soi-disant ne pas être trompée, se dit « embarquée ». Cette situation, loin d’être objective, rend le journaliste plus proche des soldats avec qui il partage le gîte et le logis et parfois le danger de mort et sa vision est troublée par le décès brutal d’un nouveau pote au point d’accuser la population civile de brutalité. Les Américains, lors de la prise de Bagdad, ont tué d'indésirables journalistes et ont mis au pas d'autres (des Occidentaux pour la plupart). Plusieurs perdront leur job ou seront arrêtés et accusés de complicité avec El Qaïda comme le journaliste de la chaîne qatarie « El Djazira », Teissir Alouni. Les exactions ne seront pas filmées et montrées. En fin de compte, l’information est toujours manipulée et perfide.

 

Aujourd'hui l'Irak est occupé par les Américains désavoués par l'ensemble de l'opinion mondiale qui se rend compte de la dangerosité de la situation créée. L'ONU est mourante et avec elle tous les accords conclus ainsi que l'espoir de voir naître un monde meilleur où le faible n'aurait plus à être protégé et le puissant ne pourrait plus exercer son hégémonie.

 

Dans ce conflit, dès les premiers jours, certes, certains pays ont adopté une courageuse attitude saluée par l'ensemble de la population mondiale. Mais le pragmatisme économique après le déclenchement de la guerre a contraint certains de ces pays à se repositionner derrière les Etats-Unis, fustigeant le pouvoir dictatorial de Saddam Hossein en espérant sa chute rapide tout en oubliant l'illégitimité de l'agression d'un état souverain. Les valeurs humaines ne doivent en aucun cas se monnayer et les principes légaux devront être toujours défendus.

 

Le droit international doit prévoir maintenant une place pour le droit d'ingérence désormais non condamné. Le droit d'ingérence sera-t-il appliqué sans hypocrisie et sans exception dans tous les pays du monde où règnerait une injustice ? La faim pourrait-elle être assimilée à une injustice ? L'hypothétique communauté internationale se chargera-t-elle d'appliquer cette punition? Quels doivent être les critères pour l'application de ce nouveau concept ? Comment sera-t-il appliqué contre les états détenteurs d'armes de destruction massive ?  

Le droit d'ingérence ne pourra jamais être appliqué par la communauté internationale, mais sera seulement l'arme de la puissance de l'état fort au service de son propre intérêt. Hormis les USA, toutes les autres nations sont conscientes de leur propre faiblesse et que l'avenir sera incertain si des mesures réelles contrecarrant cette hégémonie ne sont pas prises.

 

La puissance américaine menace un autre état arabe et lui intime l'ordre de ne pas héberger les combattants palestiniens sur son sol. Les Palestiniens, les Syriens et les Libanais luttent pour la libération de leurs territoires occupés et sont obligés de se soutenir mutuellement tant que durera cette spoliation. On ne peut pas interdire à un peuple agressé de ne pas se défendre contre un agresseur.

 

La calomnie dirigée contre la Syrie et par conséquent contre le monde musulman est intimement liée au conflit israélo-arabe, qui sert de paravent à la volonté de maintenir un foyer de tension et d'instabilité nécessitant une intervention militaire « réparatrice » de temps à autre et visant aussi à isoler les Palestiniens pour les rendre plus malléables à l'adoption des desseins israéliens et finalement à faire agréer l'inacceptable, c'est-à-dire l'abandon pur et simple de certaines revendications telles que l'intégrité des territoires occupés en 1967 et le non-retour des réfugiés palestiniens.

 

L'occasion de régler définitivement cette iniquité après la punition infligée à l'Irak pour « non-respect » de la résolution de l'ONU est offerte aujourd'hui, mais elle ne suscite pas l’engouement des puissances occidentales et l'adhésion des Américains. L'embourbement de l'US Army en Irak aujourd'hui présage, à plus ou moins long terme, un repositionnement plus favorable de la politique américaine envers le monde musulman après la déchéance de Bush et de Blair aux prochains rendez-vous électoraux. Les armes nucléaires de l’Irak n'ont pas été encore trouvées. La puissance d'Israël face au monde musulman n'existe que grâce au bouclier américain. Le soutien du gouvernement des Etats-Unis pouvant être éphémère, le peuple israélien ne doit surtout pas oublier que les Arabes, aujourd'hui en situation de faiblesse comme jamais auparavant, tendent leurs mains vers la paix et reconnaissent l'Etat d'Israël. Repousser cette proposition signifierait l'échec de toute autre tentative future de réconciliation et s’interpréterait comme un vœu de prolongation du statu quo ; alors, le monde musulman devra trouver une autre manière de se libérer de cette humiliation permanente, et la solution préconisée passera forcément par la disparition de l'Etat d'Israël. La feuille de route aux mains de Sharon ne présage rien de bon et se désintègrera par les délais très longs des négociations et par des actions volontaires de sabordage du processus, tels que la construction du mur et du tir de missiles aériens sur des civils. Prix Nobel de la paix aujourd'hui accusé de terrorisme par les Américains, Yasser Arafat risque de mourir de vieillesse ou de maladie et n'aura pas la chance de voir son pays libéré. Un nouvel épisode concernant l’Iran, accusé lui aussi de produire des armes nucléaires, est en train de se rédiger dans les officines israélo américaines. Dans cette histoire, le monde arabo-musulman, ayant perdu la puissance non négligeable de l'Irak, s'interrogera sur la prochaine concession qui, en toute logique, concernera soit l’Iran soit la Syrie dans le but d’éliminer toute force pouvant constituer un danger à la pérennité de l'Etat d'Israël.

Par ces temps imprégnés de souffrance et de violence où le mensonge recouvre la vérité, il devient difficile de distinguer les intrigues créées de toutes pièces par des scribouillards et orateurs montrant du doigt le spectre du choc des civilisations et fustigeant le monde civilisé pour son inaction.

 

Cet état de fait durera tant que l’individu sera incapable de séparer le bon grain de l’ivraie sans qu’il ait à s’appuyer sur des écrits ou des prêches de personnes malintentionnées, en puisant dans l'histoire des peuples, notamment dans celle du monde arabe. La confirmation est mentionnée dans un Livre Saint : « L’homme n’est que mensonge », Bible, Ancien Testament, Psaumes, IV, 3 ;  et « Vous les hommes, jusqu’à quand ces cœurs fermés, ce goût à rien, cette course au mensonge ? », Bible, Ancien Testament, Psaumes, IV, 3.

 

Il existe énormément de raisons qui poussent l’homme à devenir vil par le mensonge, car il est toujours récompensé à brève échéance. Le fait de mentir ou de travestir la vérité ne peut être en aucun cas assimilé à une plaisanterie, mais doit être considéré plutôt comme une action criminelle lorsqu'il nuit aux relations intercommunautaires. La tromperie peut être très bien rémunérée pour les uns et machiavéliquement prolifique pour les instigateurs.

 

Dans cette quête d'exactitude, il est capital d’ouvrir les yeux et  le cœur en tenant compte des us et coutumes en terre d'Islam sans ignorer les parcours historiques semés d’embûches, de mirages dressés et de conflits passés ou encore existants. Pour la réussite de cet exercice, ne nous conformons pas à cette  phrase d’Alain Emile Chartier : «L’erreur de Descartes est de meilleure qualité que la vérité d’un pédant Le pédant a raison et Descartes a superbement tort, telle doit être la conclusion pour l’amour de l’authenticité et de la sincérité, toutes deux  nécessaires pour générer un débat fructueux ainsi qu'une reconnaissance réciproque entre les communautés.

 

Les vocables « choc des civilisations » et « croisade », brandis par des chefs d’état occidentaux prennent des dimensions dramatiques puisqu’ils trompent leurs citoyens et provoquent la montée de la haine et du racisme contre une autre communauté. Les buts sont multiples et les desseins inavoués. Il n’y a pas d’effet sans cause et pas de cause sans effet dans cette conjoncture récente imposée à la religion musulmane et à travers elle au monde arabe dont une  partie est  chrétienne.

 

Ainsi se profilent deux possibilités d’analyser cette agression  en la mettant en corrélation, soit avec la religion soit avec le monde arabe. Selon la première hypothèse, le conflit serait d’essence idéologique et selon la seconde, il deviendrait un problème exclusivement politique.


L’IDEOLOGIE EN QUESTION

Posté a 03:28, 9-Jan-2008

 

1.     L’IDEOLOGIE EN QUESTION

 

 

Qualifiée de religieuse après les évènements du 11 septembre 2001, cette confrontation ne peut revêtir l’aspect d’un combat  où les protagonistes seraient le Coran d’un côté et la Bible ou l’Evangile de l’autre. Cela ne mènerait à rien, car l’Islam donne aux Chrétiens et aux Juifs une place de choix. Ils sont mentionnés comme « Gens du Livre » dans le Coran. Il reconnaît comme siens, sans faire de distinction aucune, la religion hébraïque, la religion chrétienne ainsi que tous les Prophètes venus avant Mohamed (Que le Salut Soit Sur Lui). Le Coran cite nommément : Abraham 75 fois, Loth 27 fois, David 18 fois, Moïse 162 fois, Marie 35 fois, Jésus 33 fois et bien d'autres avant eux. La religion musulmane ne professe aucune agressivité envers les Chrétiens et les Juifs. Le monde musulman, de par son histoire, n'a pas opprimé les minorités religieuses. C'est en Andalousie musulmane que l'Age d'Or de la pensée juive s'est développé. Et c'est toujours là que les savants arabes enseignaient les sciences aux autres nations d'Europe pendant près de huit siècles.

 

 Imprégné de cette richesse intellectuelle musulmane, se distinguera plus tard sur le continent africain un héros algérien nommé Abdelkader qui conduira l'insurrection contre l'occupation française de son pays. Grand chef militaire, longtemps il défiera la France et c'est lui qui concevra l'Etat algérien. Il se rendra pour sauver les tribus algériennes menacées d'extermination et sera incarcéré en France. Là-bas, il devient la coqueluche de l'aristocratie et de l’intelligentsia française, surprises par l'érudition de ce bédouin et par ses écrits, qui intercéderont auprès du souverain français en sa faveur pour un exil en Turquie puis en Syrie.

 

Durant son exil en Syrie, l’Emir Abdelkader sauva d’une mort certaine les Chrétiens de Damas en s’interposant avec ses guerriers maghrébins et en forçant par le sabre les émeutiers. Ce geste lui valut la reconnaissance et la gratitude des peuples d’Europe et d’Amérique. L’ensemble des souverains, présidents et dignitaires de tout rang lui rendirent hommage et lui firent de somptueux présents. Le gouvernement français lui décerna la Légion d’honneur. L’Etat de l’Iowa donna en 1848 son nom à une ville : El-Kader. Il n’existe pas dans l’histoire de l’humanité de personnalité passée ou présente ayant récolté autant de reconnaissance. Son contemporain le Maréchal français Soult disait : « Il n’y a présentement dans le monde que trois hommes auxquels on puisse accorder légitimement la qualification de grands, et tous trois appartiennent à l’Islamisme : ce sont Abdelkader, Mehemet Ali et Chamyl le tchétchène ». 

 

Philosophe mystique et poète, le guerrier Abdelkader écrit  en 1855 dans sa « Lettres aux Français » que beaucoup nomment aussi « Rappel à l’Intelligent, avis à l’indifférent » à propos des religions monothéistes et de l’abrogation des lois :   

 

« Sur les fondements de la religion et sur ses principes, les différents Prophètes depuis Adam jusqu’au dernier messager Mohamed ne se contredisent en rien. Tous appellent la création (les gens) à proclamer l’unicité de Dieu, à le magnifier, à croire fermement que toute chose dans le monde est son œuvre, et que Lui, le Très Haut, est l’unique cause de l’existence de tout, ne dépendant Lui-même (qu'IL soit glorifié !) d’aucune cause qui Le fasse exister. Tous les Prophètes professent également le respect de l’âme, de l’esprit, de la lignée et des biens acquis. Tous s’accordent sur ces quatre points, que toutes les lois religieuses s’entendent à défendre. Leur but commun est la glorification de Dieu et la sollicitude à l’égard des créatures de Dieu. Abroger l’un de ces quatre points est impossible, alors qu’on peut toujours abroger telle ou telle loi religieuse dictée par la conjoncture. Ceci à l’exclusion bien sûr des lois que l’esprit juge nécessaire – ainsi la reconnaissance de l’unité (unicité) de Dieu et les quatre points que nous venons de mentionner, que l’intelligence, en accord avec les lois religieuses, impose de sauvegarder. Ce qui diffère chez l’un ou l’autre des Prophètes, c’est uniquement la manière de les sauvegarder, les aménagements prévus pour assurer leur permanence. On peut juger de la sagesse de telle ou telle mesure d’abrogation et de son utilité en considérant dans quelle mesure la loi religieuse sert les intérêts des serviteurs de Dieu ; ou en considérant aussi bien la bienveillance de Dieu à l’égard de ses créatures. Il est possible que ces intérêts, temporels, viennent à changer, et que ce changement puisse affecter la loi en question. Il en va de même pour les soins prescrits par un médecin. Un jour il ordonne de boire une potion spéciale, qu’il ne prescrira plus à un autre moment. De même l’intérêt au service duquel la loi religieuse devait être maintenue, dont il fallait prendre soin, a pu être remplacé par un intérêt nouveau, venu supplanter le premier : ce qui rend nécessaire, à un moment donné, l’abrogation de la loi qui se trouvait au service de l’intérêt premier. On peut aussi considérer que les lois religieuses, dépendant de la pure volonté de Dieu, ne sont pas au service d’un intérêt précis.  Dans ce dernier cas,  l’affaire est simple, car le Très-Haut, Juge Absolu, fait ce qu'IL veut. IL peut établir une loi et en supprimer une autre sans avoir à se justifier par telle cause ou tel but déterminé.

Comme il ne saurait y avoir d’incompatibilité entre une décision rendue nécessaire par la disparition de la même réalité à un autre moment, de même il n’y a pas incompatibilité foncière entre la permission de faire quelque chose à tel moment et l’interdiction de la faire à tel autre. Comme la durée de toute réalité, ainsi que l’heure où elle sera effacée, est fixée par la sagesse de Dieu, même si nous ignorons quand, de même la durée de toute loi et l’heure de son abrogation sont fixées par la même sagesse, même si les hommes qui vivent leur religion avant cet instant ignorent ce qui va en advenir. Les lois religieuses dictées par les Prophètes varient au gré des considérations juridiques qui les ont inspirées, car les intérêts des hommes changent au cours des siècles, tout jugement n’étant jamais juste qu’en fonction des intérêts des gens de l’époque où il a été promulgué, c’est-à-dire compte tenu des vrais besoins de l’homme, unique destinataire du message prophétique. L’abrogation vise les jugements, non le message du Prophète, qui a pu prendre la forme de telle loi religieuse qu’il lui a plu d’édicter. La prophétie est une qualité ; elle ne saurait être retirée à qui la possède……. ».

 

Et plus loin l'émir Abdelkader ajoute :

 

« La religion est unique. Et ce, par l’accord des Prophètes. Car ils n’ont été d’un avis différent que sur certaines règles de détail. Ils ressemblent en fait à des hommes qui auraient un même père, chacun une mère différente. Les accuser tous de mensonge ou accuser de mensonge l’un et croire l’autre revient au même : c’est enfreindre avec légèreté la règle essentielle du devoir religieux. Si les Musulmans et les Chrétiens avaient voulu me prêter leur attention, j’aurais fait cesser leurs querelles : ils seraient devenus, extérieurement et intérieurement, des frères. Mais ils n’ont pas fait attention à mes paroles : la sagesse de Dieu a décidé qu’ils ne seraient pas réunis en une même foi. Ne fera cesser leurs divergences que le Messie lorsqu’il reviendra…. ». 

 

Cette analyse d’Abdelkader est confortée par le Coran                  ( sourate  Al Imran, verset 171) :

 

 « Ô Gens du Livre (chrétiens), n’exagérez pas dans votre religion, et ne dites de Dieu que la vérité. Le Messie Jésus, fils de Marie, n’est qu’un Messager de Dieu, Sa parole qu’IL envoya à Marie, et un souffle (de vie) venant de Lui. Croyez donc en Dieu et en ses Messagers et ne dites pas «Trois » (le Père, le fils et le saint Esprit), cessez ! Ce sera meilleur pour vous. IL est trop glorieux pour avoir un enfant. C’est à Lui qu’appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre et Dieu suffit comme Protecteur » ; et par la sourate Al-Imran, verset 45 : « Rappelle-toi quand les Anges dirent : « Ô Marie, voilà que Dieu t’annonce une parole de Sa part : Son nom sera ‘’Al Massih’’ (Le Messie), ‘’Issa’’ (Jésus) fils de Marie, illustre ici-bas comme dans l’au-delà et l’un des rapprochés de Dieu ».

 

Par ces révélations, le principe de la trinité apparaît comme le grief principal fait à la religion chrétienne. Toutes les autres différences ne sont que détails, car Dieu nous dit par la Sourate Al-Maida, verset 48 : 

« Et sur toi (Mohamed) Nous avons fait descendre le Livre avec la vérité, pour confirmer le Livre qui était là avant lui et prévaloir sur lui. Juge donc parmi eux d’après ce que Dieu a fait descendre. Ne suis pas leurs passions, loin de la vérité qui t’est venue. A chacun de vous Nous avons assigné une législation et un plan à suivre. Si Dieu avait voulu, certes IL aurait fait de vous tous une seule communauté. Mais IL veut vous éprouver en ce qu'IL vous donne. Concurrencez donc dans les bonnes œuvres. C’est vers Dieu qu’est votre retour à tous; alors IL vous informera de ce en quoi vous divergiez ».

 

Dieu a créé la diversité des races et des religions dans un but que Lui seul connaît. Destinataires du dernier message divin, les Musulmans ne peuvent absolument adopter aucune autre religion excepté la leur. Mais Dieu, s'adressant à l'humanité, nous commande d’œuvrer dans le droit chemin conformément aux croyances monothéistes dans le strict respect mutuel.

 

 

Cette recommandation est encore confortée par la sourate Al-Houjourat, verset 13 :

 

 « Ô hommes ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous inter-connaissiez. Le plus noble d’entre vous est le plus pieux. Dieu est certes Omniscient et Grand Connaisseur» ; et par la Sourate Houd, verset 118 : « Et si ton Seigneur avait voulu, IL aurait fait des gens une seule communauté. Or, ils ne cessent d’être en désaccord (entre eux) ».

 

Beaucoup d’ignorants imputent  un caractère violent à l’Islam en mettant en avant l’utilisation de termes poussant à la bestialité dans certains versets. Dans sa plus grande partie, le texte coranique raconte l’histoire de l’humanité, celle des Prophètes et des peuples précédents, les fautes commises par les peuples ainsi que les châtiments infligés par Dieu. L’autre partie porte sur l'avènement de l'Islam et sur les recommandations faites aux croyants  dans leur vie de tous les jours : la soumission à Dieu, la façon de se comporter avec les gens (parents, épouse, enfants, voisins, orphelins, pauvres et voyageurs), la pratique de l’hospitalité et surtout la prévention contre des fléaux aujourd’hui montrés du doigt, tels que l'usage de substances enivrantes (alcool et drogue), la pratique de jeux de hasard et de débauche.                 

 

Dans tout exercice de recherche de la vérité, il est inconcevable de sortir une phrase de son contexte à partir d’un texte qui forme un tout et dont le sens est clair, n’offrant aucune autre possibilité d’interprétation. Certains s'autorisent pourtant à le faire et proclament haut et fort que l’Islam traite tous les Chrétiens et les Juifs de mécréants. Ce qui est totalement faux car ils sont désignés comme « Gens du Livre », mais la qualification de « mécréant »  pourrait être attribuée à une partie d'entre eux, tels les hypocrites et les ennemis qui, par leurs agissements, ont nui et nuisent à l'exercice du culte musulman en exhortant les croyants au blasphème. 

 

 

Cette assertion s'avère fausse car, au commencement de l’ère musulmane, le Prophète Mohamed (QLSSSL) conseilla à certains de ses disciples, menacés de mort et pourchassés par les idolâtres, d’aller se réfugier en Abyssinie (Ethiopie) où régnait un roi chrétien « très juste ». Aurait-il recommandé cela s’il  considérait ce roi comme un mécréant ? Le fait de qualifier ce monarque de juste suffit pleinement.

 

La définition du mot « mécréant » est claire : personne qui n’a pas de religion. Dans le texte coranique, ce terme désigne les idolâtres agresseurs et ceux qui ont combattu le Prophète et ses disciples. Il peut concerner aussi certains insoumis de cultes monothéiques. On ne naît pas juif, chrétien ou musulman mais on le devient par conviction et par pratique religieuse ainsi que par les actes de bienveillance envers les créatures de Dieu. Cette vision ne peut être perçue et acceptée par n'importe quel individu qui se prétend appartenir au monothéisme sans pour cela que cette personne ne s'implique dans la dévotion et le service de Dieu. La notion de paradis ou d'enfer ne peut exister que dans l'esprit des croyants avec l'intime certitude de la rétribution divine conformément aux actions accomplies. Le fait de pressentir l'existence de Dieu sans suivre les préceptes de la religion juive, chrétienne ou musulmane ne donne pas le droit de s'autoproclamer comme pratiquant d'une de ces religions. La croyance est un tout qui réunit la foi et le dévouement par la prière et par les actes dans le chemin de Dieu. Etymologiquement, la laïcité se définit par son indépendance vis-à-vis des conceptions religieuses et comme un système qui exclut la religion de l'exercice du pouvoir politique ou administratif, et en particulier de l'organisation de l'enseignement public.

Dans un état laïc, la société se compose donc de croyants, de non-pratiquants se prétendant croyants, d'adeptes à d'autres  dogmes et d'athées. Par l'abstraction de la religion à la politique, ainsi le pouvoir législatif, devenu la propriété de minorités,  conduit inexorablement à la permissivité dans un premier temps, à banaliser les péchés tels que l'adultère, la prostitution et l'homosexualité, à modifier la faculté d'analyse des générations montantes relative aux interdits prescrits par Dieu et par voie de conséquences à les éloigner des commandements divins, c’est-à-dire faire disparaître l'essence même de la religion. En Occident, dans les blagues et les manifestations culturelles, on fait dire et faire à Dieu n'importe quoi et on en rit, on le tourne en dérision et cela amuse. Pourtant il n'y a pas très longtemps les Chrétiens montraient leur désapprobation contre des représentations cinématographiques blasphématoires, et cela relève maintenant de la liberté des opinions qui annihile en un tour de main ce qu'il y a de sacré dans leur dogme deux fois millénaire.

 

Dieu recommande aux Musulmans de vivre en paix et en toute intelligence avec les communautés qui les entourent et de répondre en cas d’agression par le moyen le plus approprié. La supposée agressivité de l'Islam par l’utilisation d’une terminologie violente voire meurtrière n’existe que dans l’esprit de ceux qui ne veulent pas entendre. L’expression « ne tuez pas» est employée 14 fois alors que le mot « tuez » n’est utilisé que 5 fois, toujours pour punir ces mêmes mécréants qui sont toujours  en position d'agresseurs.

 

D’autres mots sont utilisés beaucoup plus fréquemment, tels que : « Aime : 44 fois ; Amour : 10 fois ; Pardon : 73 fois ; Paix : 35 fois ». Ces répétitions démontrent à quel point le Coran  appelle à l’amour et la paix, se souciant des liens de fraternité entre les différentes communautés. Il n’autorise pas la violence mais recommande de se défendre.

 

Les Musulmans sont toujours apostrophés par une question lancinante liée au statut de la femme. Cela constitue à l'heure actuelle le grief le plus mis en évidence par les soi-disant laïcs contre la communauté musulmane « indigeste » à toute assimilation. Même en Occident, la femme vote et ne commence à recouvrer ses droits que depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale grâce à une série de petits pas d’une extrême timidité. A l’heure actuelle, le train occidental est près d’arriver en gare et la femme descendra prochainement sur le quai de l'égalité pleine et totale.

 

La femme musulmane, par contre, revient de très loin. Pendant la période préislamique, les parents avaient honte de déclarer la naissance de filles et certains les enterraient vivantes. Cela fut interdit dès l’avènement de l’Islam et grâce à lui la femme devint une personne à part entière qui recouvra tous ses droits (droits de succession, héritage, commerce) et qui participera au combat et à la propagation de la nouvelle religion. La législation musulmane assure à la femme sécurité et protection (mariage par consentement, interdiction au mari d’utiliser les biens de l’épouse sans son consentement, le droit à l’éducation).

 

Le lecteur a certes envie de connaître l’attitude de la religion concernant la polygamie. Cela pouvait avoir une explication dans une société où le taux de mortalité des hommes était grand du fait des combats dans une société sans foi ni loi, et où les veuves et orphelines se retrouvaient souvent sans ressources. Elles étaient alors épousées dans un cadre légal et ainsi éloignées du chemin de la prostitution. Dans La sourate An-nissa, verset 3, il est précisé :

 

« Et si vous craignez de n’être pas juste envers les orphelins, il est permis d’épouser deux, trois ou quatre, parmi les femmes qui vous plaisent, mais, si vous craignez de n’être pas juste avec celles-ci, alors une seule ou des esclaves que vous possédez. Cela, afin de ne pas faire d’injustice. »

 

La vérité absolue appartient à l’Eternel et Omniscient. Le meilleur choix est de n’épouser qu’une seule femme, car nous ne pourrions pas être juste même si on le désirait ardemment de tout son cœur. La monogamie s'est généralisée et la polygamie est illégale dans certains états musulmans et en voie de l'être dans d'autres.

 

Le sort de la femme dans les pays musulmans est plus complexe, car il ne s’agit pas de décréter une loi en faveur des femmes pour que la chose soit acceptée. La majorité de ces états ne sont pas encore des démocraties et le modèle occidental n'est peut-être pas adéquat.

 

Les pays arabes méditerranéens ont fait une avancée notable dans ce domaine. Mais des réticences empreintes de machisme persistent. Aujourd’hui, des femmes musulmanes sont militaires ou à la tête de ministères. Le train roule à une vitesse appréciable. Toute nouveauté positive dans ce cadre engendre dans la société d’abord une opposition puis un questionnement, une banalisation et finalement une acceptation. Tous les états du monde musulman suivront cette voie, mais chacun à son propre rythme.

 

Le terme « esclave » peut  être choquant mais le Coran a été révélé au Prophète Mohamed (QLSSSL) par fragments (sourates)  dans une société qui pratiquait des razzias et prenait des esclaves. La religion, en se renforçant, libère les esclaves d’abord par le mariage et prohibe par la suite l’exploitation de l’homme par l’homme. Bilal, un des premiers compagnons du Prophète, était un esclave noir affranchi.

 

L'autre débat tristement mis à l'index concernant le foulard « Islamique » est absurde, car on veut inexorablement l’opposer à la laïcité. Khadîdja est musulmane, Jacqueline chrétienne, Sarah israélite, elles le savent, jouent ensemble et ne voient rien de choquant avec leurs yeux d’enfant dans ce débat imposé par des adultes.

Ne s’égare-t-elle pas l’Europe ou plutôt la France de vouloir presque abroger un article de sa constitution  concernant la liberté de culte ? Les élèves entre eux ne se connaissent-ils pas et ne jouent-ils pas dans la même cour de récréation ? Que changera entre elles le fait que le voile, qui ne peut être aucunement assimilé à un acte de prosélytisme, soit banni de l'enceinte scolaire ?

 

Les politiciens français sont en train de déraisonner en essayant par tous les moyens de créer un malaise entre jeunes Français de religions diverses. Le port du foulard n’est pas un désir ardent d'embrigadement de nouvelles recrues pour l'Islam  mais un acte de foi pour la personne qui le porte tout comme le crucifix ou la kippa. Cela s'avère être un devoir de la femme qui se considère musulmane pratiquante. Le souci politicien de rechercher les signes d’une enfance maltraitée ou terrorisée est certes louable, mais ne peut s’appliquer dans ce cas. La France s'avère un mauvais élève. Dans ce cas, les élèves français ne devraient pas s'interpeller par leurs prénoms qui automatiquement dévoileraient leur appartenance religieuse. Certains pays nordiques d'Europe rejettent cette façon d'opérer, ont accepté le port du foulard dans les écoles et l'ont intégré dans le costume des élèves. Cette façon de procéder crée plus de barrières entre les communautés et ne favorise pas l'acceptation de l'autre qui est une forme de respect et de reconnaissance.

 

Le port du foulard  est-il plus important que le fait d’autoriser l’adoption d’enfants par des couples homosexuels ?

 

La réponse de toute évidence doit être négative, car  il y va du devenir de l’enfant parce qu’une partie de son esprit se formera par mimétisme. Restif de la Bretonne a dit : « Les mœurs sont un collier de perles ;  ôtez le nœud, tout défile ».

 

Le fanatisme n’est pas le propre des religions seulement, mais il est aussi celui des doctrines contraires. Les Musulmans s’inquiètent légitimement des appels les exhortant à imiter le monde occidental et s’interrogent sur la laïcité. Ils sont persuadés que la démocratie est le bon choix, car elle incarne le pouvoir du peuple et s'y dirigent. Mais le concept démocratique occidental trop permissif, agréant certains excès licencieux, comme par exemple la pornographie et l'homosexualité déclarée, les laisse perplexes. La communauté musulmane, bien que dépourvue de clergé, ne tolérera jamais l'abrogation de versets coraniques car ces maux sont considérés comme péchés capitaux, d'où l'impossibilité de calquer le modèle recommandé par l'Occident de moins en moins religieux.

 

Même si ses gouvernants l’acceptent par compromission ou par pression politique étrangère, la communauté musulmane s’élèvera contre. Bien sûr, ces maux marginaux existent dans les pays arabes mais aucune écoute publique n´est permise ; beaucoup de personnes diront que la manière est répréhensible.

 

Ces déviations, d'ordre strictement privé, n'ont pas à être étalées sur la scène publique, et, comme dit un proverbe arabe : « Ma maison cache ma honte ». Le précepte « Vivre et laisser vivre » conduit à la perte des valeurs morales, à la débauche, à l’homosexualité déclarée et montrée dans les médias.  Il porte, par voie de conséquence, atteinte aux Israélites, Chrétiens et Musulmans.

 

L’Europe revient-elle une nouvelle fois vers le royaume de Sodome et Gomorrhe ? Où sont donc les droits des croyants quels qu’ils soient ?  

 

L’article 26 de la Constitution française de 1852 devrait reprendre du service car il stipulait que : « Le sénat s’oppose à la promulgation de lois qui seraient contraires ou qui porteraient atteinte à la constitution, à la religion, à la morale, à la liberté de culte, à la liberté individuelle, à l’égalité des citoyens devant la loi, à l’inviolabilité de la propriété… ».

 La religion, la morale et la liberté de culte ont été placées avant la liberté individuelle. La loi doit déterminer des bornes à ces états de fait provocateurs qui constituent une atteinte à la morale ainsi qu'aux religions. Cela mettrait fin aux agressions télévisuelles que subissent quotidiennement les familles juives, chrétiennes et musulmanes.

 

Quelle attitude adopter lorsque vous êtes surpris avec vos enfants par une scène osée sur le petit écran ?

 

Interdire et punir un strip-tease sur un quai du métro, et  l’accepter sur un écran de télévision relève de l’inconscience ou bien de l’hypocrisie. Ces émissions doivent être interdites ou   regroupées dans des bouquets exclusivement pornographiques et leur cryptage doit être efficace et sûr. L’Occident chrétien, trop laxiste, est en train de perdre la tête tel un navire sur l’océan se dirigeant au gré des vents et des vagues et dont l’arrivée à bon port ne se fera jamais. Beaucoup de personnes mal inspirées nous recommanderont de nous débarrasser de ce téléviseur.

 

Le clan des marginaux composés de laïcs, d'athées et d'homosexuels est en train de remporter une victoire éclatante dans le monde occidental permissif en affaiblissant le pouvoir de l'Eglise et de la religion jusqu'à les faire disparaître, et là, toute interdiction divine deviendra autorisée par les hommes.

 

Donc, il apparaît clairement que le débat suscité concernant l'opposition des religions entre elles est complètement fabriqué, et cette manigance ne peut avoir comme essence qu'une action politique déstabilisante au service d'Israël et d'intérêts occultes bassement matériels dont le fruit serait in fine le désaveu du monde arabo-musulman, ce qui donnerait ainsi une légitimité aux actions punitives occidentales.


LA POLITIQUE EN QUESTION

Posté a 03:27, 9-Jan-2008

 

2. LA POLITIQUE EN QUESTION

 

 

L'histoire de l'Espagne andalouse demeure un chapitre exceptionnel de l'histoire universelle. Tout au long de cette présence islamique, l'Andalousie fut un exemple remarquable et un modèle patent de tolérance. Celle-ci se manifesta dès la conquête, puisque les conquérants musulmans s'étaient engagés auprès des Chrétiens et des Israélites à maintenir leurs libertés, à préserver leur fortune et leurs biens, à respecter leurs lieux de culte et à assurer leur défense.

Durant huit siècles, les trois religions monothéistes cohabitèrent dans une atmosphère scientifiquement et culturellement prolifique, engendrant le meilleur de l'esprit humain. A l’époque même où les Juifs d'Allemagne et de France vivaient une très sombre période, les Juifs espagnols connaissaient un âge d'or. Les Musulmans ont accordé aux Juifs ainsi qu'aux Chrétiens une autonomie considérable de même que le droit de pratiquer leur culte. Aussi, les restrictions que les Romains et les Byzantins avaient édictées ont été annulées, notamment le droit des Juifs de visiter et d’habiter Jérusalem. Beaucoup de Chrétiens et de Juifs occupèrent des postes importants sous le règne de divers califes musulmans. Le  Juif Moshé Ibn Ezra, lui-même poète vivant en Espagne, écrit : « Parfois, les Juifs de l'exil espagnol réussissent mieux que les Juifs des autres diasporas dans le domaine poétique [...]. Il y a à mon avis, dans le climat espagnol, quelque chose qui est de nature à inspirer l'âme poétique. Enfin, les citoyens de l'Espagne ont étudié la langue et la littérature arabes, y compris la poésie et en ont été influencés. »

Beaucoup s'illustreront comme Moshé ibn Maimone, plus connu sous le nom de Maimonide.

 

L'Islam appelle au dialogue intercommunautaire, nous exhorte à dénoncer et combattre l’injustice, à promouvoir l'émulation pour prodiguer le bien autour de nous et diminuer la souffrance du genre humain et à ne pas être des corrupteurs sur cette terre. La corruption se présente sous différentes formes : depuis celle de l’homme à celle faite par lui à des êtres vivants, aux choses, à des évènements et à des paroles. Cette basse condition chez l’être humain s’accompagne de valeurs tout aussi condamnables comme le manque de discernement, la course au pouvoir, la faiblesse devant l’argent, l'hypocrisie ou le désir intéressé de dénaturer la vérité pour porter atteinte à autrui, à une idée ou à une communauté.

 

Le manque de discernement, évidemment condamnable, ne peut être imputable qu’aux rigueurs des conditions de vie imposées et de développement intellectuel et moral de l’individu dans son milieu. Il sera le fruit rêvé recherché pour générer une exploitation de l’homme par l’homme, c’est-à-dire la suprématie de l’esprit fort sur l’esprit faible. Ainsi, des personnes naïves seront utilisées par des êtres dangereux pour diffuser des idées destructrices et devenir les bras armés contre des personnes et des manifestations.

 

C’est sur ce terrain-là que règne la propagande. Elle dispose de stratèges fourbus à l’exercice de la désinformation idéologique ou politique et vise à canaliser la pensée d’une population dans le but de faire passer des lois contre l’avis d’une majorité de citoyens, de créer l’inimitié contre une autre population puis la confrontation ou sa mise en accusation et même à la guerre entre nations. Ces procédés sont l’arme d'hommes politiques sournois ou corrompus, souvent parrainés par une presse financièrement intéressée et parfois, dans très peu de cas, elle-même désinformée.

 

Après le 11 septembre 2001, le monde occidental a cru se  retrouver devant un cauchemar dans lequel les Musulmans étaient les persécuteurs sanguinaires qu’il fallait combattre et impérativement neutraliser. Cette peur, issue d’une intoxication médiatique contre le monde musulman, est le produit d’une action combinée de forces hostiles, aux desseins bassement matériels et politiques.

 

Dans ce monde, village interplanétaire où l’information et les hommes voyagent avec célérité, le principe des vases communicants est de rigueur. Le principal combustible de la campagne médiatique dirigée contre les Musulmans se trouve dans la violence de la guerre en Afghanistan et en Tchétchénie, dans le drame perpétuel des Palestiniens, dans les atrocités commises et qui se commettent encore en Algérie par des criminels dirigés à partir de capitales occidentales. Celles-ci, en donneuses de leçons, ont offert l’asile politique à des assassins et ont couvert leurs crimes tant qu’ils étaient dirigés contre leurs coreligionnaires tout en distillant des phrases telles : « Qui tue qui ? »

Les centaines de mille morts en Alg&eacut